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Monter une phrase

L’arabe n’assemble pas les mots comme le français : il se passe du verbe « être », commence souvent par le verbe, et marque la fonction par la dernière voyelle.

ٱلْجُمْلَة ٱلِٱسْمِيَّة La phrase nominale

Elle commence par un nom et n’a pas de verbe. Le français en met un — « est » — mais l’arabe ne l’écrit pas : il juxtapose simplement les deux mots.

Deux parties : le sujet (mubtadaʾ) et son information (khabar). Aucun verbe entre les deux.

ٱلْبَيْتُ كَبِيرٌ La maison [est] grande al-baytu kabīr mot à mot : « la-maison grande »
ٱللَّهُ عَلِيمٌ Allah [est] Omniscient Allāhu ʿalīm

Le sujet est déterminé (avec ٱل), l’information ne l’est pas. C’est ce contraste qui signale qu’il s’agit d’une phrase, pas d’un groupe de mots.

ٱلْكِتَابُ جَدِيدٌ Le livre [est] neuf al-kitābu jadīd phrase complète
ٱلْكِتَابُ ٱلْجَدِيدُ le livre neuf al-kitābu l-jadīd les deux déterminés → simple groupe nominal, pas une phrase

Les deux parties s’accordent en genre et en nombre.

ٱلْمُؤْمِنُ صَادِقٌ Le croyant [est] véridique al-muʾminu ṣādiq masculin singulier
ٱلْمُؤْمِنَةُ صَادِقَةٌ La croyante [est] véridique al-muʾminatu ṣādiqa féminin : ة des deux côtés
ٱلْجُمْلَة ٱلْفِعْلِيَّة La phrase verbale

Elle commence par le verbe. C’est l’ordre par défaut de l’arabe — l’inverse du français, qui place le sujet en premier.

Ordre habituel : verbe, puis sujet (fāʿil), puis complément (mafʿūl bihi).

كَتَبَ ٱلْوَلَدُ ٱلدَّرْسَ L’enfant a écrit la leçon kataba l-waladu d-darsa mot à mot : « a-écrit l’enfant la-leçon »
خَلَقَ ٱللَّهُ ٱلسَّمَاوَاتِ Allah a créé les cieux khalaqa Llāhu s-samāwāti

Quand le verbe précède le sujet, il reste au singulier — même si le sujet est pluriel.

ذَهَبَ ٱلْأَوْلَادُ Les enfants sont partis dhahaba l-awlādu ذَهَبَ au singulier, bien que le sujet soit pluriel
ٱلْأَوْلَادُ ذَهَبُوا Les enfants sont partis al-awlādu dhahabū sujet d’abord → le verbe s’accorde au pluriel

Le verbe s’accorde en genre avec le sujet, même placé avant lui.

كَتَبَ ٱلْوَلَدُ Le garçon a écrit kataba l-waladu masculin
كَتَبَتِ ٱلْبِنْتُ La fille a écrit katabati l-bintu féminin : ت ajouté au verbe
ٱلْإِعْرَاب Les trois terminaisons

La dernière voyelle d’un nom indique sa fonction dans la phrase. C’est l’i‘rāb. Il n’en faut retenir que trois pour commencer — le reste attendra.

ـُ (damma) : le sujet. Celui qui fait l’action, ou ce dont on parle.

ذَهَبَ ٱلْوَلَدُ Le garçon est parti …al-waladu ٱلْوَلَدُ est le sujet → damma

ـَ (fatha) : le complément d’objet. Ce sur quoi porte l’action.

كَتَبَ ٱلدَّرْسَ Il a écrit la leçon …ad-darsa ٱلدَّرْسَ subit l’action → fatha

ـِ (kasra) : après une préposition, ou en second terme d’une annexion.

فِى ٱلْبَيْتِ dans la maison fī l-bayti après فِى → kasra
كِتَابُ ٱلْوَلَدِ le livre du garçon kitābu l-waladi annexion (iḍāfa) → kasra sur le second